Mesurer l’azote absorbé durant l’hiver permet d’ajuster les apports au printemps. La méthode des bilans met en balance les besoins de la culture en azote avec les fournitures apportées par le sol. Cette grille de calcul permet de définir la dose d’azote à amener afin de satisfaire l’objectif de rendement fixé (Cf. grille de calcul du 4 ème programme Directive Nitrates). Les besoins de la culture correspondent à l’azote absorbé par unité de rendement (6.5 unités d’azote) auquel on retranche l’azote absorbé pendant l’hiver. A cela s’ajoute la part d’azote non valorisable liée à la profondeur de sol. Le rendement objectif est la moyenne des 5 dernières années en enlevant la meilleure et la moins bonne. Ce rendement peut être réajusté en fonction de l’état de la culture à la sortie de l’hiver. Les fournitures du sol correspondent aux reliquats sortie hiver auxquels s’ajoutent les différentes contributions liées au retournement de prairie, aux apports organiques précédents, aux résidus du précédent et enfin à la contribution de l’humus du sol.
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Quantifier l’azote absorbé par la culture
L’intérêt de cette mesure est d’estimer la quantité d’azote absorbée par le colza pendant l’hiver afin de réduire l’approximation du calcul des besoins en azote (variation de 20 à 250 unités/ha d’après le CETIOM). La méthode consiste à couper au ras du collet les colzas sur trois placettes de 1 m². Ces placettes doivent être représentatives de la parcelle. Une pesée permet ensuite d’obtenir un poids de matière verte/m². Pour obtenir l’azote absorbé, il faut multiplier ce poids par 65, ainsi une pesée de 1.1 kg/m² signifie que 72 unités d’azote ont été déjà absorbées par le colza. Si dès l’entrée hiver les colzas sont bien développés, le calcul peut être affiné par une pesée à cette période. En effet, les fortes gelées hivernales font chuter les feuilles des colzas et l’azote contenu dans ces feuilles est en partie réabsorbé par la culture. Le poids de matière verte entrée hiver est donc supérieur au poids sortie hiver. Dans ce cas, il faut donc prendre la moyenne des deux poids pour faire le calcul. En revanche, si la pesée entrée hiver est inférieure à la pesée sortie hiver, il faut retenir la pesée sortie hiver. Le CETIOM a mis au point une méthode de calcul qui donne directement la dose d’azote à apporter d’après les pesées effectuées (www.cetiom.fr).
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Interprétation des pesées
Le tableau ci-dessous provient d’un suivi de parcelles de colza effectué sur l’ensemble du département. On y voit que certaines parcelles ont bien valorisé les apports organiques amenés à l’automne. Néanmoins, les cas sont assez variés avec en tendance des colzas peu développés dans les secteurs ayant reçu de faibles précipitations. En effet, les conditions météorologiques de l’automne ont été dans certains secteurs défavorables à la croissance des colzas. Les brèves précipitations succédant aux périodes sèches ont engendré des levées échelonnées et un faible développement végétatif des colzas. A St Fort, la parcelle semée le 27 août n’a levé qu’à partir du 12 octobre. Malgré la densité de plante, la quantité de matière verte est très faible les stades allant de B3 à B6. Les colzas les moins avancés risquent donc de ne pas survivre aux longues gelées de cet hiver. Il n’y a pas d’objectif précis à atteindre en terme de poids à l’entrée de l’hiver, de bons rendements peuvent être atteints avec des colzas ne pesant que 0.5 kg/m². Dans le cas de colzas peu développés et s'il y a eu des apports organiques à l'implantation, le reliquat sortie hiver peut être important. Il est donc intéressant de réaliser une mesure du reliquat et d’en tenir compte dans les fournitures du sol.
Pesées effectuées entre le 10 et 15 décembre 2009| Lieu | Variété | Semis | Apport organique avant semis | Plantes /m² | Poids vert kg/m² | N mobilisé /ha (PV*65) | | St Fort | Standing | 27/08 | non | 21 | 0,13 | 8 | | Cossé le Vivien | DK Cabernet | 04/09 | non | 15 | 1,6 | 104 | | Nuillé sur Vicoin | Flash | 29/08 | 15 t fumier bovins | 19 | 2,5 | 163 | | Meslay du Maine | Flash | 05/09 | 10 t fumier poulet Loué | 17 | 1,5 | 97 | | Courcité | (mélange) | 22/08 | 20 m3 de lisier de bovins | 22 | 1,0 | 65 | Stratégie de fertilisation
L’apport d’azote minéral peut aller de 0 à 150 unités d’azote. Si après calcul un apport est nécessaire la dose à amener déterminera l’utilité d’un fractionnement. Pour un apport inférieur à 100 unités, un seul passage suffit entre le stade C2 (entre-nœuds visibles) et D2 (inflorescence dégagée) (début Mars). Au delà de 100 unités, il est préférable d’effectuer deux apports par exemple fin Février puis mi-Mars. Dans les situations ne recevant pas régulièrement d’effluents d’élevage, on conseille d’apporter avec l’azote 50-75 unités SO3/ha. Dans ce cas, il faut utiliser une formule suffisamment concentrée en soufre (sulfate d’ammoniac par exemple).
Fabien GUERIN, Lucie ROCTON, Conseillers agronomie productions végétales Chambre d’Agriculture de la Mayenne Tél. 02.43.70.10.70
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