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Pousse de l'herbe


 La Pousse de l'herbe en Mayenne


Pour la 10ème année consécutive, la Chambre d’agriculture, en partenariat avec la Contrôle Laitier suit la pousse de l’herbe sur un réseau de fermes pratiquant le pâturage tournant.

Le réseau est composé de neuf fermes réparties sur le département, représentatives des principales zones pédo-climatiques.

La croissance de l’herbe est mesurée à l’herbomètre chaque semaine. En connaissant la surface en herbe disponible par vache, cette pousse en kgMS/ha/j permet d’évaluer la part d’herbe dans la ration.

Les données sont accompagnées de repères de conduite sur les grandes étapes du pâturage et de références sur l’alimentation des bovins afin d’optimiser la gestion de l’herbe et la conduite du pâturage sur les exploitations.
 


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 Pousse de l'herbe 2009 : Une saison atypique



Après un printemps 2009, grand cru pour l’herbe, la fin de saison est difficile avec une production quasi nulle sur l’automne.
 
D’excellentes conditions d’exploitation…
La reprise de la saison de pâturage a été très progressive sur le département. La pousse de l’herbe a démarré lentement sous l’effet de températures limitantes. Néanmoins, les conditions de déprimage, temps froid et sec en février et mars, ont été excellentes avec une très bonne portance qui a permis le nettoyage de l’ensemble des parcelles.
La croissance de l’herbe s’est accélérée dès début avril avec une semaine d’avance par rapport à la moyenne pluri-annuelle 2000-2008. La pleine pousse au printemps se situe légèrement au-dessus de la moyenne avec 85 kg MS/ha/jour entre la mi-avril et la mi-mai (soit 2,5 tMS/ha produites). Les récoltes se sont faites dans de bonnes conditions avec des fenêtres climatiques propices. Les précipitations de juin ont permis de maintenir un bon niveau de pousse jamais atteint depuis le début du suivi de croissance de l’herbe en 2000.
 
…pour valoriser une bonne production
Entre début mars et fin juin, le niveau de production moyen des fermes du réseau s’élève à 6,4 tMS/ha avec un écart réduit de 1,4 tMS entre les extrêmes. Cette valeur place cette année dans les meilleures depuis 2000. Les précipitations de juillet ont été très variables sur le département de la Mayenne (30 mm à Meslay du Maine, Ballots, Argentré – 60 mm à Bais, Pré en Pail – 90 mm à Ernée). Certains secteurs ont ainsi vu se maintenir les conditions favorables de juin et ont pu garder une bonne part d’herbe dans la ration. Les cantons de Landivy et de Gorron ont été particulièrement favorisés sur l’été et l’automne cette année avec des températures et de l’humidité propices à l’herbe. Sur cette zone, avec une bonne exploitation de l’herbe, on peut atteindre 10 t MS valorisées par hectare.
 
Un automne marqué par la sécheresse
Sur la majorité du département, l’absence quasi-totale de pluie sur août et septembre a bloqué la croissance de l’herbe et desséché certaines parcelles. Les précipitations de début octobre ont fait reverdir la végétation sans pour autant relancer la pousse. On perd ainsi 1 à 1,5 tMS/ha valorisée habituellement à cette période. Dans les systèmes maïs-herbe, cette perte peut être compensée par les bons rendements en maïs ensilage (en système 2/3 herbe 1/3 maïs, 1 tMS/ha d’herbe perdue compensée par 2 tMS de maïs supplémentaires). Dans les situations favorables ou dans les prairies de fond humides, on peut avoir de l’herbe sur pied. Il est alors nécessaire d’aller faire manger cette herbe résiduelle afin de garantir une repousse de qualité au printemps. L’objectif à l’automne est de faire consommer ce qui pousse et de nettoyer les parcelles avant le repos hivernal. Pour les parcelles qui ont souffert des conditions sèches, la décision d’une éventuelle rénovation doit attendre le printemps. En effet, les prairies, en particulier celles de longue durée, ont une très forte capacité de régénération.
 
 
 
 
Stéphanie GUIBERT – CA 53
Isabelle BOSSUET – CA 53
Pierre-Antoine MARET – CLASEL 53

Graphique : Croissance de l'herbe en Mayenne Printemps 2009
 




Le suivi de la croissance de l’herbe reprendra du service …au printemps 2010

Rédaction :
Chambre d’Agriculture 53
CLASEL 53




 Le diagnostic foliaire


Pourquoi analyser l’herbe ?



Le diagnostic de nutrition foliaire PK des prairies permet de valider la pertinence des pratiques de fumure de fond ou de réorienter si besoin la stratégie de fertilisation en fonction de la teneur de l’herbe en éléments minéraux.

Dans le cas des prairies de longue durée, l’analyse de sol se révèle peu pertinente car les conditions de prélèvements sont peu normalisées et on observe des gradients importants dans les premiers centimètres. L’analyse d’herbe en N, P et K est plus adaptée car elle prend en compte non seulement la disponibilité des éléments dans le sol mais aussi l’aptitude des racines à les prélever.

Sur plus de 500 prairies mayennaises analysées entre 2000 et 2006, 60% présentaient des niveaux de nutrition très satisfaisants voire excédentaires. Des économies sont donc possibles ! De plus, les excès de potasse dans l’herbe peuvent être néfastes aux animaux en provoquant des carences induites en d’autres éléments minéraux comme le magnésium, le sodium ou le manganèse. Lorsque la prairie est suffisamment pourvue, un excès de P et de K n’augmente pas le rendement mais augmente la teneur de l’herbe en ces éléments.


Période pour le réaliser



Le prélèvement doit se faire dans des prairies en croissance régulière sans stress limitant (sécheresse ou excès d’eau).
La production fourragère doit se situer entre 2 et 5 tMS/ha, soit au minimum 15 cm de hauteur d’herbe.
Les parcelles débrayées pour la fauche correspondent tout à fait.
Le diagnostic  est adapté aux prairies de longue durée, prairies naturelles ou prairies temporaires de plus de 2 ans.
En cas de présence de trèfle à plus de 25%, il doit être retiré de l’échantillon car il perturbe l’interprétation en potasse.
Il est possible d’étendre les conseils aux parcelles de l’exploitation avec des conduites similaires. En extrapolant, on prend toutefois un risque environ 1 fois sur trois sur l’interprétation pour la potasse en particulier en cas de gestion extensive.

 


Comment prélever ?

 
• 20 à 30 poignées coupées à 5 cm du sol dans une zone représentative de la parcelle


• Eviter refus, bouses et pissats


• Enlever le trèfle si nécessaire


• Mélanger les poignées et constituer un échantillon de 500g pour l’analyse


• Congeler l’échantillon

 

Rédaction :
Chambre d’Agriculture 53
CLASEL 53