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Pousse de l'herbe


 La Pousse de l'herbe en Mayenne


Pour la 11ème année consécutive, la Chambre d’agriculture, en partenariat avec la Contrôle Laitier suit la pousse de l’herbe sur un réseau de fermes pratiquant le pâturage tournant.

Le réseau est composé de neuf fermes réparties sur le département, représentatives des principales zones pédo-climatiques.

La croissance de l’herbe est mesurée à l’herbomètre chaque semaine. En connaissant la surface en herbe disponible par vache, cette pousse en kgMS/ha/j permet d’évaluer la part d’herbe dans la ration.

Les données sont accompagnées de repères de conduite sur les grandes étapes du pâturage et de références sur l’alimentation des bovins afin d’optimiser la gestion de l’herbe et la conduite du pâturage sur les exploitations.
 


Contact - Equipe Agronomie Productions Végétales - 02 43 67 38 75

 Année 2010



Le réseau pousse de l’herbe

Chaque semaine, nous effectuons des mesures de hauteur d’herbe dans neuf fermes du département de la Mayenne qui pratiquent le pâturage tournant en système laitier ou allaitant.
Par différence entre deux mesures consécutives, nous calculons la croissance de l’herbe en kilo de matière sèche par hectare et par jour sur la semaine écoulée.

Situation géographique des 9 exploitations sur le département de la Mayenne
 

Echo des pâtures : 07 Juillet 2010

Printemps 2010 : Mauvais cru pour l’herbe :

Face aux températures très élevées et à l’absence de précipitations de la semaine dernière, les mesures de pousses de l’herbe ont été stoppées. Ces mesures redébuteront début Septembre.
Retour sur un printemps peu favorable à la production d’herbe.

Croissance de l'herbe en Mayenne : Courbe d'évolution de la MS
 
 


30 % de production d’herbe en moins :
 
Pour ce printemps, la pousse cumulée s’établit à 4,4 T de MS / ha du 30/03 au 29/06. La moyenne des pousses cumulées de 2000 à 2009 est de 6,3 T de MS / ha du 09/03 au 29/06. Nous assistons donc cette année à une chute de pousse d’environ 30 %.
Comme le montre le graphique, cette pousse exceptionnellement basse s’explique par trois facteurs.  L’hiver froid et long a entraîné un démarrage très tardif de la végétation. La pousse a été très faible sur le mois de Mars. Ce retard explique une perte d’environ 450 kg de MS / ha. 
Les croissances d’herbe ont ensuite été conformes aux moyennes observées sur le mois d’Avril. Mais la brusque chute des températures début mai a fortement  ralenti la pousse. C’est près d’1 tonne de MS / ha qui a été perdue au mois de mais par rapport à la moyenne 2000/2009. Ceci explique aussi la forte baisse de rendement sur les parcelles en fauche.
Enfin malgré quelques précipitations début Juin qui ont un peu relancé la pousse, le déficit hydrique important de ce printemps  a stoppé la pousse très rapidement après la mi-juin.
Au final, ce sont pratiquement 2 T de MS d’herbe / ha en moins pour ce printemps.

 

 


Adaptation des éleveurs :
 
Pour s’adapter à cette pousse atypique, plusieurs stratégies ont été mises en place. Dans les élevages en silo ouvert, la distribution de davantage de maïs a permis de gérer les fluctuations de pousse. Dans les systèmes plus pâturant, la surface accessible au pâturage a été augmentée au détriment des surfaces en fauche.  Dans les systèmes intermédiaires (autour de 30 ares / VL), les fermetures de silo ont été difficiles et souvent de courtes durées.  

 

 


Quelques précautions à prendre pour l’été :
 
Il faut éviter le surpâturage estival qui est un des principaux facteurs de vieillissement de la prairie. De plus, lors des fortes chaleurs, les vaches laitières ont tendances à se rassembler à l’ombre et à émettre leurs déjections à l’endroit où elles se couchent. Les conséquences peuvent être une augmentation des infections et un terrain favorable au déclenchement des mammites.  Il est aussi important de surveiller la part d’herbe dans la ration des vaches taries en particulier dans les parcelles à forte proportion de trèfle blanc.  L’excès de calcium  très présent chez les légumineuses est un facteur aggravant au risque d’apparition de fièvre vitulaire. 

 

 


Réfléchir dès maintenant à l’assolement 2011 :
 
Ce déficit de pousse a augmenté la consommation de stock et fortement réduit la constitution de stock d’herbe.
Dans les mois qui suivent, sur les prairies, nous pouvons encore conserver une hypothèse d’une pousse automnale de 0,5 T à 1,0 T de MS /ha.  Les incertitudes deviennent importantes sur les futures récoltes de maïs. Un bilan fourrager est donc indispensable en observant trois périodes clés : l’été 2010 (jusqu’à la prochaine récolte de maïs ensilage), l’hiver 2010/2011 et l’été 2011. Au regard du bilan dressé, les décisions pourront porter sur la mise en place de fourrage « d’été » et/ou le recours à l’achat d’aliment de substitution. Enfin, c’est en Septembre 2010 que se construit l’assolement 2011. Avant l’implantation des céréales en Octobre/Novembre, il est important de prendre en compte les surfaces d’herbe et de maïs nécessaires à la reconstitution de stock.  

 

 



Voir dossier :
Faire face aux déficits fourragers en 2010 : Dossier réalisé à partir de l’analyse de la situation mayennaise (6 Juillet 2010)

 



Stéphanie Guibert – CA 53
Bertrand Daveau – CA 53
Pierre-Antoine Maret – CLASEL